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2026-2027: REPAIRA en association avec LISRA et le CCP lance le cycle de formation « acteur.trice-chercheur.e » – Dupliquer – [#2732]

Les émotions en formation, accompagnement et intervention Christine Delory Monberger pose la question suivante dans Éprouver le corps, corps appris, corps apprenant ; publié aux éditions Ères en 2016 : « Existe-t-il vraiment un savoir de vérité que l’on peut transmettre « sans état d’âme », c’est-à-dire sans engagement de soi, de ses émotions, de ses sentiments ? » Ce qui m’a amené à questionner ce sujet est le repérage souvent difficile de la frontière entre accompagnement professionnel et thérapie. C’est une question d’éthique professionnelle. La délimitation que j’avais l’habitude d’utiliser est fondée sur la dichotomie entre le douloureux (domaine du thérapeute) et les ressources (domaine de l’accompagnement professionnel et du formateur). La découverte, puis la formation à au modèle thérapeutique IFS m’ont amené à réviser quelque peu cette définition. Dans le cas de la formation comme de l’accompagnement professionnel, on sera essentiellement sur les registres de la pensée et du faire, néanmoins il est utile et même indispensable de prendre en compte les émotions positives comme négatives dans les situations de travail ou d’apprentissage pour permettre aux personnes d’atteindre leurs objectifs, les siennes en tant que formateur ou accompagnateur comme celles des apprenants ou personnes accompagnées. L’accompagnement d’un groupe en formation ou d’une personne dans une démarche professionnelle, nous amène à mobiliser les ressources des personnes pour leur permettre d’atteindre des objectifs. Le chemin vers ces ressources se voile parfois de résistances émanant de l’histoire des protagonistes. Or, dépasser ces barrières en maintenant le regard vers les objectifs, nous fait mécaniquement tourner le dos à une partie plus intime de ce qui la compose. Que cela soit en raison d’une méthode que l’on suit, d’une pratique institutionnelle (milieu universitaire entre autre primant le concept de formation stock versus la formation processus) d’une peur de se retrouver face à des émotions, de convictions, ou toutes autres raisons, ne pas savoir accueillir et faire avec ces barrières chargées généralement d’émotions, peut constituer un frein dans le travail réalisé. En accompagnement individuel, j’ai travaillé une posture fondée sur l’approche centrée sur la personne de C Rogers qui implique l’accueil des émotions de part et d’autre mais j’avoue que je n’avais pas autant conscience de l’importance de la cultiver en position de formatrice ou d’intervenante face à des collectifs avant il y a 4/5 ans (première formation IFS et début d’une réflexion approfondie et mise en lien de mes expériences et nouvelles grilles de lecture). Pour permettre la mobilisation de l’autre, il faut qu’il y ait rencontre au sens plein et entier du terme, la relation éducative est avant tout une relation humaine. Si on met à distance ses émotions et que l’on se retranche derrière ses méthodes, méthodologies… pas de relation humaine, pas de rencontre, juste un acte technique. Si on ne touche pas l’autre et qu’on n’admet pas que l’autre nous touche, il n’y a pas de rencontre possible. Pas de parole incarnée qui soit et cela fait une vraie différence.  Je me souviens toujours d’un cours à la Sorbonne Nouvelle sur la recherche-action animé par Philippe Missotte au cours duquel il nous avait fait visionner une vidéo d’Henri Desroches dont il avait été l’élève. En préambule, son commentaire de présentation sur un registre neutre tout comme le début de la vidéo ne m’ont pas captivé. Puis Philippe Missotte, visionnant lui-même la vidéo a laissé l’émotion l’envahir jusqu’à pleurer et a commenté et complété les propos dans une parole habitée, incarnée, acceptant l’émotion et là pour moi tout a changé, c’était passionnant et donnait envie de marcher sur les pas de Desroche comme de Philippe Missotte ! Ma présence ici aujourd’hui doit beaucoup à cette séquence. Pour apprendre, la pure rationalité ne suffit pas. Antonio Damasio comme les recherches actuelles en neurosciences le démontrent : les émotions sont indispensables aux processus rationnels tels que les prise de décision ou les apprentissages ce que les précurseurs de l’apprentissage expérientiel pressentaient. Même si Piaget a principalement concentré ses recherches sur le développement cognitif, il a reconnu l’importance des émotions dans le comportement humain et leur rôle dans le développement de l’intelligence. Vygotski, lui, insiste sur la « sphère motivante de notre conscience », qui englobe les impulsions, les besoins, les intérêts, les mobiles, les affects et les émotions, et qui joue un rôle crucial dans le développement intellectuel et affectif. Avant toute chose, il faut se mettre d’accord sur ce qu’est une émotion. Comme l’ont souligné les psychologues Beverley Fehr et James A. Russell qui ont proposé une classification des émotions en 1984 : « chacun sait ce qu’est une émotion, jusqu’à ce qu’on lui demande d’en donner une définition » ! Phénomène à la fois familier et complexe. D’après le dictionnaire Larousse, une émotion est une « Réaction affective transitoire d’assez grande intensité, habituellement provoquée par une stimulation venue de l’environnement. » « Assez grande », « habituellement » : on sent dans cette définition l’embarras des rédacteurs pour généraliser… Une approche plus adaptée pour cerner le concept d’émotion consiste à en décrire les différentes composantes. Mail agressif d’un collègue, vidéo attendrissante d’un chaton, … Toute émotion est liée à un événement déclencheur. Lequel, selon les individus et le contexte, va provoquer des réactions émotionnelles spécifiques. Tout dépend de l’évaluation de la pertinence du stimulus et de sa valeur : positive ou négative, agréable ou désagréable. Vient ensuite l’expression de la réponse émotionnelle, qui peut se traduire de plusieurs manières : modification de l’expression du visage, de la voix, de la posture (expression motrice) ; modifications physiologiques : accélération du rythme cardiaque, de la respiration, de la sudation, sécrétion d’hormones… (réponse périphérique) ; mouvement d’approche ou d’évitement, de fuite ou d’attaque (tendance à l’action) ; ressenti conscient d’une émotion (sentiment subjectif). Comme l’a souligné le psychologue et économiste Daniel Kahneman, « un enjeu important va très probablement produire des émotions puissantes et des impulsions fortes à l’action ». Ajoutons que ce processus se déroule en un temps extrêmement court, devançant notre raisonnement. Le modèle que nous venons d’exposer montre que les émotions lient intimement le cerveau et le corps. Il met aussi en